jeudi 6 décembre 2007

TROISIÈME RÉPUBLIQUE, 1993-2002

La troisième République a été officiellement inaugurée le 27 mars 1993, quand Zafy a prêté serment comme président. La victoire des Forces Vives a encore été consolidée lors des élections tenues le 13 juin 1993, par 138 sièges à l'Assemblée Nationale nouvellement créée. Les électeurs se sont déplacés en petit nombre (approximativement 30 à 40 % se sont abstenus) parce qu'ils étaient invités à voter pour la quatrième fois en moins d’une année. Les Forces Vives et d'autres partis alliés ont gagné soixante-quinze sièges. Cette coalition a donné à Zafy la majorité absolue et lui a permis de choisir Francisque Ravony des Forces Vives comme Premier ministre.

Lors du dernier semestre de 1994, l'optimisme grisant qui a accompagné ce processus de transition dramatique avait légèrement diminué alors que le gouvernement démocratique nouvellement élu se trouvait confronté à de nombreux obstacles économiques et politiques. S'ajoutait à ces ennuis le relativement mineur mais néanmoins embarrassant problème politique du refus de Ratsiraka d’évacuer le Palais du Président. Le régime de Zafy s'est retrouvé sous la croissante pression économique du FMI et des donateurs étrangers pour mettre en application des réformes du marché, comme la coupe des déficits budgétaires et une énorme fonction publique, qui font peu pour répondre aux problèmes économiques qui se posent à la majorité de la population de Madagascar. Zafy est également confronté à des divisions croissantes au sein de sa coalition gouvernante, comme des groupes d'opposition généralement désignés comme ‘’fédéralistes’’ qui tentent d’obtenir un plus large pouvoir pour les provinces (connues sous le nom de "faritany") dans un gouvernement plus décentralisé (voir la fig. 2). Bien que récemment stimulé par le désir des forces anti-Zafy de gagner un plus grand contrôle des affaires locales, Madagascar a, tout au long de son histoire, été témoin d'une tension entre la domination par les montagnards centraux et les pressions des résidants des secteurs périphériques pour contrôler leurs propres affaires. En bref, le régime de Zafy fait face au dilemme entre l’emploi de structures politiques relativement peu expérimentées et les "règles du jeu" pour résoudre de nombreux problèmes de gouvernement.

Après l’accusation du Président Zafy par l'Assemblée Nationale en 1996 et la courte quasi-présidence de Norbert Ratsirahonana, les élections de 1997 ont opposé de nouveau Zafy et Ratsiraka, avec Ratsiraka émergeant cette fois victorieux. L’Assemblée Nationale dominée par des membres du parti politique AREMA du Président Ratsiraka a plus tard approuvé la constitution de 1998, qui a considérablement renforcé la présidence.

En décembre 2001, s’est tenue l’élection présidentielle dans laquelle les deux candidats principaux ont réclamé la victoire. Le ministère de l’intérieur du candidat sortant a proclamé Ratsiraka du parti d'Arema victorieux. Marc Ravalomanana a contesté les résultats et a réclamé la victoire. Une crise politique a suivi, lors de laquelle les défenseurs de Ratsiraka ont coupé les principaux itinéraires de transport de la ville gauche primaire à la ville capitale, un bastion d'appui à Ravalomanana. La violence sporadique et la rupture économique considérable ont continué jusqu'en juillet 2002 où Ratsiraka et plusieurs de ses partisans se sont sauvés en exil en France. En plus des différences politiques, les différences ethniques ont joué un rôle dans la crise et continuent à jouer un rôle dans la politique. Ratsiraka est de la tribu côtière des Betsimisaraka et Ravalomanana vient de la tribu montagnarde des Merina.

Après la fin de la crise politique de 2002, le Président Ravalomanana a entamé de nombreux de projets de réforme, préconisant avec force "le développement rapide et durable" et le lancement d'une lutte contre la corruption. Les élections législatives de décembre 2002 ont donné son parti TIM nouvellement formé (Tiako-I-Madagasikara - Amour de Madagascar) parti majoritaire gouvernant dans l'Assemblée Nationale. Les élections municipales de novembre 2003 ont été conduites librement, renvoyant une majorité de partisans du président, mais également un nombre significatif de personnalités indépendantes et régionales d'opposition.

Après la crise de 2002, le président a remplacé les gouverneurs provinciaux par des DSP désignés (Délégations Spéciales du Président). La législation suivante a établi une structure de 22 régions pour décentraliser l'administration. En septembre 2004, le gouvernement a appelé 22 chefs régionaux, rapportant directement au président, pour mettre en application ses plans de décentralisation. Le financement et les puissances spécifiques pour les administrations régionales restent à clarifier.

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